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L’Éthiopie connaît aujourd’hui une grave sécheresse qui menace la population. L’absence de pluie n’est pas un phénomène rare pour le pays mais reste néanmoins la cause majeure de la famine depuis de nombreuses années. Ces sujets sont évoqués dans Lamb à travers le regard d’Ephraïm.

La sécheresse est de retour en Éthiopie depuis fin 2016 et ce serait la plus grave depuis trente ans. Dans le pays, les saisons des pluies sont difficiles à prévoir et les habitants sont contraints de vivre en fonction de l’arrivée de cette dernière. Selon des experts, cette année la pluie pourrait arriver en juillet mais il est également possible qu’elle ne vienne pas du tout. À ce jour c’est de 5 à 10 millions d’éthiopiens qui seraient touchés par une grave crise alimentaire.

L’Éthiopie craint de vivre une nouvelle fois une période très sombre comme elle en a déjà connu. Entre 1973 et 1974 une sécheresse causa la mort de plus 200 000 éthiopiens et de 1984 à 1985 une autre tua 400 000 personnes dans le pays. Ce phénomène est loin de toucher seulement l’Éthiopie. Depuis quelques mois, c’est une grande partie de l’Afrique de l’Est qui souffre de cette sécheresse sévère (le Kenya, la Somalie, Djibouti, le Soudan, l’Érythrée).

Le manque d’eau, en plus de causer la famine, peut conduire à une hausse des maladies infectieuses comme le choléra (infection intestinale). En Éthiopie, l’agriculture étant le premier secteur de travail, sans pluie et donc sans récolte, des milliers de personnes sont susceptibles de perdre leur travail. Les animaux aussi souffrent de ce phénomène. Les éleveurs subissent des pertes importantes dans leurs troupeaux et il est fréquent de voir des ânes, des chameaux ou encore des chèvres mourir de faim, du manque d’eau ou encore d’épuisement.

Les causes de ces sécheresses à répétition seraient le réchauffement climatique et le phénomène météorologique El Niño (« enfant Jésus » en espagnol). Ce phénomène a lieu pendant la période de Noël tous les 3 à 7 ans et consiste à une inversion des courants d’eau froide au niveau de l’équateur. Étant donné que les courants marins jouent un rôle important sur le climat, ce changement brutal de température de l’eau affecte le climat de certaines régions du monde (les plus touchées étant l’Amérique du Nord, l’Ouest de l’Amérique du Sud et la Corne de l’Afrique). L’un des risques d’El Niño pour l’Éthiopie serait de connaître après cette sécheresse des pluies d’une extrême violence.

 

Terre asséchée dans le Nord de l’Ethiopie.     Photo: Siegfried Modola/IRIN

Région de Geladid, sud-ouest de l’Ethiopie. Joel Robine/AFC

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À travers son film Lamb, le réalisateur Yared Zeleke a tenu à dresser le portrait de son pays d’origine, l’Éthiopie, à travers le regard d’Ephraïm. Ainsi, il fait découvrir aux spectateurs du monde entier les conditions de vies difficiles dans lesquelles sont plongés les éthiopiens depuis de nombreuses années. La nourriture est un sujet clé du film. Elle préoccupe, d’une manière ou d’une autre, tous les personnages. La difficulté de se nourrir nous est montrée dès les premières scènes du film avec la séquence où Ephraïm vole un épi de maïs pour pouvoir nourrir sa brebis.  Si l’enfant et son père quittent Buya, leur village d’origine, c’est pour ne pas subir la famine. C’est d’ailleurs cette dernière qui a tué la mère du héros et qui menace la vie de Mimi, la cousine d’Ephraim. Dans Lamb, la famine est le résultat d’une sécheresse omniprésente. Le manque d’eau contraint le père à partir chercher un travail à Addis-Abeba, la capital du pays. L’oncle, agriculteur, ne parvient pas avec les méthodes traditionnelles à faire pousser suffisamment de nourriture pour sa famille. Il se résout finalement à suivre les conseils de sa fille, la jeune et rebelle Tsion, qui tout au long du film, peine à faire accepter l’idée d’utiliser des nouvelles méthode agricoles…

Cependant le film se termine par un plan du ciel nuageux où le tonnerre gronde. Il est donc envisageable que la pluie finisse par arriver.

Yared Zeleke

Ephraïm et son oncle au travail dans les champs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lamb traite de sujets difficiles, mais primordiaux, pour comprendre le pays (sécheresse, famine) sans jamais tomber dans le misérabilisme et en gardant toujours une note d’espoir (pluie prochaine). Malheureusement, selon des spécialistes, à l’avenir les sécheresses risquent de devenir plus nombreuses et plus intenses, ce qui ne rassure en rien quant au sort de l’Éthiopie.

 


L’Éthiopie en quelques mots :

 Grand pays d’Afrique de l’Est d’environ deux fois la superficie de la France.

Une population de près de 100 millions d’habitants.

Un climat tropical sur la moitié ouest du pays (il fait toujours chaud avec une saison humide et une saison sèche à l’année) et un climat aride/désertique sur la moitié est (des températures très élevées où la pluie se fait rare).

On parle près de 90 langues différentes dans le pays (beaucoup ne sont parlées que par une partie infime de la population).

 

 

 

 

 

 

Ecrit par Pierre Girard

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